• En quittant Villar à 6 h 30, les jeunes dansent encore et nous saluent au passage,

    peu conscient sûrement que notre nuit fut dure.

    Certains pèlerins s'arrêtent et dansent avec eux et, pourquoi pas, en profitent pour boire un coup.

    C'est une grande ligne droite sur la route qui semble interminable,

    suivie par des pistes agricoles toutes aussi rectilignes, mes pistes d'indiens.

    L'irrigation permet des cultures diverses : céréales, tournesols; légumineuses et un peu d'élevage bovin.

    Heureusement il fait bien frais au départ et mes pas me mènent 9,5 km plus loin au village de Villavante

    où je rejoins mes québécois pour un vrai petit déjeuner comme j'aime.

    Mon infâme ersatz de croissant et le jus d'orange de l'aube sont bien loin déjà.

    C'est avec ces nouveaux compagnons que j'arrive à Puente de Orbigo

    qui, comme son nom l'indique se situe juste au début d'un immense pont de 204 m de long et qui comporte 20 arches.

    C'est le pont le plus long du chemin qui, bien sûr raconte une histoire d'amour décu.

    Les chevaliers du pont d'Orbigo.

    Le célèbre pont roman sur l'Orbigo (vingt arches, deux cent quatre mètres) porte en son centre deux colonnes monolithiques

    dont l'inscription commémore le célèbre combat chevaleresque du Paso Honroso de Armas :

    en 1434, don Suero de Quiñones, en l'honneur d'une dame, y défia, avec neuf compagnons léonais,

    tous les chevaliers qui voudraient franchir le pont.

    Le combat dura un mois. On rompit 166 lances, et il y eut un mort.

    Les vainqueurs allèrent déposer à Compostelle un collier qui orne, à ce jour, le buste processionnel de saint Jacques le Mineur. 
     

    Ce Quiñones mourut vingt-quatre ans plus tard de la main d'un ancien adversaire, don Gutiere Quijada,

    nom qui était aussi celui d'un aïeul de la femme de Cervantes, personnage original.

    De sorte que Quiñones et Quijada ont probablement servi de modèle au Don Quichotte.

    Les rives de l'Orbigo avaient auparavant été le théâtre de deux autres batailles : en 456, les Wisigoths y repoussèrent les Suèves ;

    au dixième siècle, Alphonse III y vainquit les Maures.

    ( http://ultreia.pagesperso-orange.fr/leyendas.htm#orbigo )

     

    De l'autre côté du pont c'est Hospital de Orbigo et un hôtel bien confortable avec… Une baignoire.

    Délice suprême de se plonger dans l'eau complètement.

    Lavage de linge et, comme dans la plupart des hôtels, rien de prévu pour le séchage : ma ficelle et mes pinces !

    Je suis arrivée de bonne heure et je n'ai pas grand chose à voir si ce n'est l'église du village qui ouvrira ses portes en soirée.

    Il y a une belle piscine dans ce bourg et je me décide donc pour quelques longueurs de brasse dans le bassin.

    Puis REPOS, j'en ai besoin.

     

    Départ de Villar dans une ambiance de brume. Le soleil levant s'est déguisé en lune

    Le 4 août 2018 : de Villar de Mazarife à Hospital de Orbigo, 16,8 km

    Eglise de Villavante en contrejour.

    Un ouvrier agricole à vélo et son chien. Il fait déjà bien chaud.

    Qui connaît le nom de ces fleurs rencontrées sur le bord du chemin ?

    Impossible de se perdre. Quelques petits messages sur des bouts de papier :

    intentions jetées au hasard, ferveur, superstition ?

    Château d'au de Puente de Orbigo

    Le pont d'origine romaine appelé aussi "Paso honroso" (le passage de l'honneur)

    et de l'autre côté le bâtiment rouge c'est mon hôtel.

    Eglise de Puente de Orbigo

    Il ne reste rien de l'hôpital primitif de Hospital de Orbigo.

    L'intérieur de l'église actuelle me plaît assez et la coupole procure une douce lumière.

     

    C'est la première fois, pour ma part que je vois le christ descendu de sa croix et mis dans une chasse.

    Il est 21 h 40 et les pêcheurs continuent de taquiner le poisson dans le rio Orbigo


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