•  Cette balade se passe quelques jours avant le 11 novembre, c’est le 8 exactement que nous sommes partis sur les traces des maquisards. Je sais ce n’est pas la même guerre mais peu importe, une guerre en a amené une autre et se souvenir de l’une amène à se souvenir de l’autre.

     Nous sommes partis d’Evosges dans l’Ain sur la trace du groupe Nicole.

     Le 6 février 1944, deux maquisards, alors retranchés dans une ferme au milieu des bois, la ferme de Marchat descendent au village, comme tous les jours pour chercher le ravitaillement. Ils tombent sur une colonne allemande qui les arrête, les interroge et les abat sur place. La neige tombe le lendemain, il fait un froid de canard et leurs corps ne seront retrouvés qu’un peu plus tard. Les allemands se dirigent vers la ferme mais la sentinelle donne l’alerte et la trentaine d’homme présente dans la ferme s’échappe laissant tous leurs vêtements chauds à l’intérieur. Les allemands craignant de rentrer dans les bois envahissent le bâtiment et découvre un jeune homme resté là. A midi, les allemands mangent les vivres volés, donnent une tartine à leur prisonnier et l’abattent puis, après avoir rassemblé tous les aliments à l’extérieur, ils mettent le feu à la ferme. Pour les mêmes raisons d’enneigement, le corps ne sera découvert que le 22 février.

     Les survivants devront vivre comme ils peuvent dans la forêt. Il fait très froid et l’un d’eux aura les pieds gelés. Ils sont ravitaillés modestement par quelques habitants du village qui prennent beaucoup de risques.

     Le groupe Nicole ainsi que d’autres groupes disséminés dans d’autres fermes devaient réceptionner un parachutage dans la nuit du 5 au 6 février mais qui ne put avoir lieu en raison d’un brouillard épais. L’avion tourna autour de la zone et repartit.

     

     

    Pins et mélèzes

     

     

    A l'intérieur de la ferme de Marchat, une bouteille entamée de Crozes-Hermitage attendait sagement qu'on veuille bien la déguster.

     

    Cette chaloupe du débarquement de 1945 a été achetée chez un ferrailleur en 1965 pour servir de réserve d'eau au bétail des pâturages collectifs.

     

     

     

    Dans un de ces chemins, traversant tranquillement, nous avons vu un énorme sanglier, un beau mâle solitaire, bien noir, que j'estime à pas loin de 200 kilos.

    J'étais tellement scotchée sur place que je n'ai même pas sorti mon appareil, d'ailleurs le bruit l'aurait fait fuir.

    Il m'a fait penser au sanglier de la série des Sylvain et Sylvette de mon enfance.

     

    Quand nous sommes revenus vers la voiture, le soleil déclinait à l'horizon, embrasant et embrassant la terre.

     


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