• Je vous présente mon chêne vert

    Tout d’abord, je tiens à remercier Caroline pour son aide et sa patience à mon égard pour la construction de ce blog que j’espère vous apprécierez. La présentation est d’elle et ses conseils m’ont été très utiles pour le démarrer.

    Mais une explication s’impose : pourquoi « chêne vert » ? Sans doute mes anciens lecteurs le savent-ils ? Le chêne vert est un vieux copain pour moi. Il a traversé les ans à mes côtés. Il faillit périr plusieurs fois. Certains rejetons ont même disparu mais toujours une petite pousse a reverdi, parfois si petite que je n’y croyais plus.

    Il est arrivé un jour à la maison, en 1988 me souffle-t-on à l’instant, cueilli au creux des Causses, non loin de la bonne ville de Cahors où nous habitions. Nous le partageâmes en deux et deux petits arbres commencèrent à pousser dans notre jardin. Mais les bonnes choses ont une fin et il nous fallut quitter les lieux pour un pays si froid l’hiver que j’étais persuadée qu’il ne pourrait survivre en cet endroit à 850 mètres d’altitude. Celui qui resta mourut, victime d’une tondeuse paraît-il et l’autre, nous l’emmenâmes tout de même.

    Pourtant il survécut, d’abord en pot puis de nouveau partagé, une moitié en pleine terre, l’autre en pot que l’on prenait soin de rentrer au garage la nuit pour éviter les -20 qu’il fit cette année-là pendant quelques jours. Ils furent couverts de neige, nous les secouions pour ne pas voir jaunir les feuilles mais la neige a ceci de bien, c’est qu’elle protège du froid. Nos petits pensionnaires avaient presque une âme à nos yeux, nos petiots étaient devenus des fétiches. Il faut dire que les chênes verts dans la montagne jurassienne ne sont pas légion. Ils grandirent et curieusement celui de pleine terre plus vite que celui en pot.

    Mais là, encore, les choses changèrent et le projet d’une installation méditerranéenne ne pouvait que nous conforter dans l’idée qu’ils y seraient heureux. Nous emmenâmes le plus facile, celui dans le pot pour le replanter dans notre jardinet. C’est celui-là qu’arrose ce petit garçon si délicatement avec son arrosoir miniature. Puis ne pouvant me résoudre à laisser son frère aux nouveaux propriétaires qui n’en prendraient pas soin et peut-être même l’arracheraient, il prit le même chemin mais lui, nous le plantâmes dans le massif des Maurettes au-dessus de notre vieille maison médiévale, juste à l’ombre d’un vieux chêne, un copain en somme. Nous montions régulièrement l’arroser pour qu’il prenne racine et ça lui réussissait bien. Mais la malchance s’abattit sur nos arbrisseaux. Celui du jardin qui profitait pourtant si bien, mourut en huit jours, sous nos yeux, victimes d’une invasion d’araignées si microscopiques que nous ne les vîmes même pas et l’autre fut coupé sous la lame des ouvriers venus nettoyer la colline pour éviter la propagation des incendies. Nous n’avions pas non plus prévu ça !

    Nous n’avions pas dit notre dernier mot. Nous déterrâmes ce pauvre moribond et le plantâmes plus loin dans la colline en un lieu où un incendie avait fait ravage un an avant. Là, au moins, aucun mal ne lui serait fait. Mais ce lieu non abrité du vent et qui regardait en contrebas vers le cimetière ne lui plaisait pas et malgré les soins des deux petits garçons qui montaient l’arroser, portant paniers remplis de bouteilles, il dépérissait.

     Je languissais de la montagne, des saisons bien marquées, des feuilles d’automne et de la neige et nous reprîmes le chemin vers les contrées que je regrettais… Emmenant ce petit bout d’arbre, si mal en point que je n’avais plus aucun espoir. Quelques mois plus tard, une petite feuille minuscule réapparût, puis une deuxième, une petite branche et voilà… maintenant il est là, en pot et continue doucement de prospérer. Après-tout, il est un peu comme moi, c’est là qu’il se sent bien !