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    Le petit déjeuner au gîte fut tout aussi délicieux que le dîner de la veille et, comme je n'avais que 17 km à faire,

    ce qui me semblait presque une promenade,

    j'ai décidé pour une petite rallonge par le village de Castrillo de Polvazares qui était signalé comme charmant.

    J'ai donc pris un chemin d'exploitation pas du tout officiel qui m'a conduite à bon port.

    Pas de regret, ça l'était vraiment, charmant, avec ses maisons de pierres massives et rougeâtres, ses grands porches et ses volets verts

    qui à l'heure où je suis passée étaient encore fermés ! L'espagnol se couche tard et se lève tard, surtout pendant les vacances.

    Je n'ai vu aucun habitant, ce qui m'a changé du chemin où les ruisseaux provenant d'autres lieus ne cessent de rejoindre la voie centrale.

     

    Castrillo de Polvazares au petit matin

     

     

    Quelques kilomètres plus loin, je suis en vue du village de Santa Catalina de Somoza

    Le chemin est agréable, longeant une petite route peu passante, légèrement montant, peu d'ombre. J'y suis habituée maintenant, heureusement.

    Ce jour-là ce n'est pas un bar qui accueille le pèlerin mais un marchand de bâtons et autres babioles comme des coquilles ou croix de Tau.

    J'aurais bien aimé faire un brin de causette mais je ne manipule pas suffisamment la langue espagnole et je reste sur ma faim.

    4,5 km plus loin, el Ganso et son église qui abrite ces sempiternels nids de cigognes.

    Que serait ce village sans le chemin ? Sans doute un désert !

    Encore 7,5 km et Rabanal est en vue. Petit village à 1160 m d'altitude et une soixantaine d'habitants.

    Presque autant de gîtes que de maisons (j'exagère tout de même un peu).

    C'est là que je vais dormir.

    Avant d'arriver dans ce bourg, on passe par un bois bien agréable.

    Le long d'une clôture à moutons, on trouve une multitude de croix de branches accrochées.

    Dévotion un peu démesurée mais que je trouve amusante et qui ne gêne personne.

    Ermita del Bendito Cristo de la Vera Cruz (ouf !) du 18ème siècle.

    Là se reposent à l'ombre quelques pèlerins qui, je pense, ne s'arrêteront pas à Rabanal mais la chapelle est fermée.

    Rabanal, bien que charmant ne me laissera pas un souvenir impérissable.

    J'y ai trouvé les gens peu aimables. Il est vrai qu'ils sont saturés de cette transhumance

    et espèrent certainement à l'hiver pour se retrouver entre eux.

    En plus je me suis fait avoir un peu au déjeuner où n'ayant commandé qu'un plat sur deux du menu pèlerin (plus cher que partout ailleurs),

    on m'a fait payer la totalité. Après réclamation, ils m'ont fait cadeau du café.

    Les chants grégoriens annoncés pour la soirée dans l'église du 12ème siècle étaient en fait les complies

    chantées par 4 moines bénédictins du gîte voisin !!!

    Vie dans mon gîte où m'attendait une expérience : des massages étaient proposés

    et pensant que ça pouvait décontracter mes muscles, je m'y suis inscrite moyennant un donativo que j'ai estimé à 10 €

    En fait c'était une kiné qui agissait mais avec des massages de kinésithérapeute… Oh ! Ma douleur !

    Elle a détricoté mes mollets de leurs nœuds,

    enfoncé ses doigts profondément dans le gras de mes fesses,

    (vous aurez sûrement des bleus m'a-t-elle dit en me montrant un bleu sur sa cuisse car je ne comprenais pas)

    et diagnostiqué dans l'aine droite "un ganglion inflamado… Es muy serio, muy serio !"

    Me voilà donc avec une maladie inconnue qui me laisse un tout petit peu (mais seulement un tout petit peu) inquiète.

    Je vous rassure, je n'ai rien qu'un début de coxarthrose.

     

     

     

     


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