• Le 6 août 2018 : De Murias de Rechivaldo à Rabanal, 20 Km environ

     

    Le petit déjeuner au gîte fut tout aussi délicieux que le dîner de la veille et, comme je n'avais que 17 km à faire,

    ce qui me semblait presque une promenade,

    j'ai décidé pour une petite rallonge par le village de Castrillo de Polvazares qui était signalé comme charmant.

    J'ai donc pris un chemin d'exploitation pas du tout officiel qui m'a conduite à bon port.

    Pas de regret, ça l'était vraiment, charmant, avec ses maisons de pierres massives et rougeâtres, ses grands porches et ses volets verts

    qui à l'heure où je suis passée étaient encore fermés ! L'espagnol se couche tard et se lève tard, surtout pendant les vacances.

    Je n'ai vu aucun habitant, ce qui m'a changé du chemin où les ruisseaux provenant d'autres lieus ne cessent de rejoindre la voie centrale.

     

    Castrillo de Polvazares au petit matin

     

     

    Quelques kilomètres plus loin, je suis en vue du village de Santa Catalina de Somoza

    Le chemin est agréable, longeant une petite route peu passante, légèrement montant, peu d'ombre. J'y suis habituée maintenant, heureusement.

    Ce jour-là ce n'est pas un bar qui accueille le pèlerin mais un marchand de bâtons et autres babioles comme des coquilles ou croix de Tau.

    J'aurais bien aimé faire un brin de causette mais je ne manipule pas suffisamment la langue espagnole et je reste sur ma faim.

    4,5 km plus loin, el Ganso et son église qui abrite ces sempiternels nids de cigognes.

    Que serait ce village sans le chemin ? Sans doute un désert !

    Encore 7,5 km et Rabanal est en vue. Petit village à 1160 m d'altitude et une soixantaine d'habitants.

    Presque autant de gîtes que de maisons (j'exagère tout de même un peu).

    C'est là que je vais dormir.

    Avant d'arriver dans ce bourg, on passe par un bois bien agréable.

    Le long d'une clôture à moutons, on trouve une multitude de croix de branches accrochées.

    Dévotion un peu démesurée mais que je trouve amusante et qui ne gêne personne.

    Ermita del Bendito Cristo de la Vera Cruz (ouf !) du 18ème siècle.

    Là se reposent à l'ombre quelques pèlerins qui, je pense, ne s'arrêteront pas à Rabanal mais la chapelle est fermée.

    Rabanal, bien que charmant ne me laissera pas un souvenir impérissable.

    J'y ai trouvé les gens peu aimables. Il est vrai qu'ils sont saturés de cette transhumance

    et espèrent certainement à l'hiver pour se retrouver entre eux.

    En plus je me suis fait avoir un peu au déjeuner où n'ayant commandé qu'un plat sur deux du menu pèlerin (plus cher que partout ailleurs),

    on m'a fait payer la totalité. Après réclamation, ils m'ont fait cadeau du café.

    Les chants grégoriens annoncés pour la soirée dans l'église du 12ème siècle étaient en fait les complies

    chantées par 4 moines bénédictins du gîte voisin !!!

    Vie dans mon gîte où m'attendait une expérience : des massages étaient proposés

    et pensant que ça pouvait décontracter mes muscles, je m'y suis inscrite moyennant un donativo que j'ai estimé à 10 €

    En fait c'était une kiné qui agissait mais avec des massages de kinésithérapeute… Oh ! Ma douleur !

    Elle a détricoté mes mollets de leurs nœuds,

    enfoncé ses doigts profondément dans le gras de mes fesses,

    (vous aurez sûrement des bleus m'a-t-elle dit en me montrant un bleu sur sa cuisse car je ne comprenais pas)

    et diagnostiqué dans l'aine droite "un ganglion inflamado… Es muy serio, muy serio !"

    Me voilà donc avec une maladie inconnue qui me laisse un tout petit peu (mais seulement un tout petit peu) inquiète.

    Je vous rassure, je n'ai rien qu'un début de coxarthrose.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 20 Septembre à 19:31

    Une portion qui me plait par tous les symboles (parfois un peu ostentatoires) et les belles rencontres. En effet c'est dommage que tu n'aies pas pu communiquer. Ce village, propret, est tout à fait charmant. Je me souviens de l'Amigilbert (qui vient de fermer sons blog "sous le chemin des étoiles") qui parlait souvent des cigognes qu'il avait rencontrées sur le chemin. Nous étions même lancé un défi de dessin ensemble.  Ultreïa

    2
    Jeudi 20 Septembre à 20:28

    Un chemin qui s'étire dans les campagnes et dans les bois, des villages traversés, des gens rencontrés, c'est sans doute cela la magie de Saint-Jacques. L'histoire de la kiné m'a fait sourire. ;-) Bises alpines et belle soirée.

    3
    Vendredi 21 Septembre à 09:04

    Tu as bien du courage de faire cette portion de chemin en plein été, je pense que j'attendrai l'automne ou le printemps. Les cigognes et les rencontres impromptues se font en toutes saisons et cela fait partie de heureux souvenirs que l'on engrange à jamais comme des bulles d bonheur.

      • Vendredi 21 Septembre à 09:15

        L'été offre peut-être plus de richesses en couleur (les jaunes par exemple). Au printemps où tout est vert, ça doit être un peu monotone, sauf s'il y a des fleurs partout, mais à part au bord des chemins, il n'y en a guère, et à l'automne où il n'y a plus rien, ça doit être triste. Je pense (mais je peux me tromper) que la plus belles saison est en juillet.

    4
    Vendredi 21 Septembre à 14:35

    Bonjour Martine,

    Un beau chemin .... je reluque ces roses trémières qui poussent dans rien du tout. (Alors que je fais toujours mon max pour en avoir chSez moi !!!!)

    Sur la photo N°9, je vois une personne allongée les jambes en l'air. J'imagine bien l'intensité des efforts.

    Dis-moi, est-ce que toutes les personnes sont pratiquantes ? Et est-ce que ces marches journalières peuvent redonner la foi ?

    Je pense que l'on doit faire des rencontres enrichissantes et surtout faire ce chemin pour être en communion avec nous-mêmes non ?

    Je ne suis pas du tout une adepte de toutes ces croix accrochées.

      • Vendredi 21 Septembre à 16:51

        C'est une bonne idée les jambes en l'air. Je ne l'ai jamais fait mais j'y penserai l'an prochain.

        Pour ceux qui cherchent la Foi, je leur souhaite de la trouver mais s'ils ne la trouvent pas, la démarche reste entière et ce chemin initiatique fait travailler l'esprit pendant longtemps après qu'on soit revenu.

        Il n'y a pas que des chrétiens sur ce chemin. Certains cherchent l'ambiance particulière qui s'en dégage mais ne vont pas plus loin dans leur recherche: besoin de SE retrouver, S'isoler loin des soucis matériels… Que de choses dans la tête des pèlerins !!!

    5
    Vendredi 21 Septembre à 17:50

    le massage de la kiné a dû te faire du bien car les muscles souffrent de toutes ces marches .

    un peu drôles ces croix le long de ce grillage mais on reste dans l'ambiance pèlerinage .

    l'hortensia bleu est une merveille .

      • Vendredi 21 Septembre à 21:29

        Ben non, elle m'a fait mal et je ne recommencerai pas. J'avais des bleus sur les fesses et un peu (mais un peu seulement) l'angoisse au ventre

    6
    Vendredi 21 Septembre à 19:15

    Bonsoir 

    Pour répondre à la question d'Élisa, selon les statistiques tenues par l'Office des Pélerins 0 Santiago, il y aurait 40% des marcheurs qui parcourent le Camino pour des raisons religieuses, 40 autres % pour des raisons philosophico-religieuses et 10 % pour des raisons sportives, encore faut-il que tous ceux qui arrivent à Santiago passent par l'Office en question (pour recevoir un beau diplôme en latin attestant du parcours), moi non catho, je ne suis bien sûr jamais passé dans cet Office et comme bien d'autres ne figurent pas dans les statistiques.

    Bises

      • Vendredi 21 Septembre à 21:28

        Tes statistiques semblent justes. Je pense qu'il n'y a pas que les cathos qui passent dans cet office mais en effet, tout le monde ne passe pas par l'office et certains même s'arrêtent un peu avant Santiago comme cet asiatique chrétien que j'avais rencontré et qui ne supportait pas la foule et la médiatisation de son pèlerinage. 

    7
    Dimanche 23 Septembre à 13:04

    magnifiques tous ces villages, mais celui fantôme au pierres rouges est impressionnant.

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