• Vieux rêves éveillés

    (Appuyez sur la flèche)

    Beethoven, la Pathétique, deuxième mouvement. 

     

    Ce soir, je ferme les yeux, assise sur mon canapé et je me laisse aller à la musique qui est pour moi souvenir heureux:

    Il fait nuit, je suis dans ma chambre, couchée dans mon lit,

    les yeux grands ouverts, enfant peureuse, recroquevillée sur moi-même,

    le diable rôde autour de moi, prêt à m'emporter au moindre de mes mouvements...

    Mais voici qu'une musique se fait entendre, venue du salon.

    Mon père, enfin tranquille, s'est mis au piano, il joue, ses mains courent sur le clavier,

    les touches s'enfoncent les unes après les autres, me berçant de cette douce mélodie... Beethoven !

    Je me détends, j'allonge mes jambes, le Mâlin s'est évanoui.

    L'escalier peut bien craquer, je ne l'entendrai pas.

    Ma porte bien qu'entrebâillée semble grande ouverte aux sons qui s'évadent d'en bas jusqu'à moi, petite fille dans son lit.

    Je ferme les yeux, apaisée, il est déjà tard et l'enfant que je suis a besoin de sommeil.

    Mon souffle se fait régulier, doucement ma conscience m'échappe et je m'endors !

    Vaincu par la sonate, ce n'est pas encore ce soir que le Monstre m'emportera...

    « Les 4 saisons : Le printemps de VivaldiSimple balade »

    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    1
    Anne**
    Jeudi 17 Mai à 21:35

    C'est incroyable comme certains souvenirs sont inscrits à jamais.

    2
    Vendredi 18 Mai à 07:32

    Coucou Martine. Et bien! Les souvenirs restent vivaces! J'ai toujours pensé que Beethoven était un tout grand bonhomme. J'ai essayé de le lui dire l'autre jour mais il n'a pas compris. Il est devenu sourd. ;-) Bises alpines et belle journée.

      • Vendredi 18 Mai à 08:28

        J'adore ton commentaire plein d'humour... Le pauvre Beethoven, comme il a dû en souffrir de cette surdité. Celà ne l'a pas empêché de composer, sa musique était devenue intérieure. Le jour de la présentation de sa symphonie, il était bien sûr présent mais ne pouvait entendre. Il a seulement vu les gens se lever enthousiastes. Sacré bonhomme!

    3
    Françoise SALAT
    Vendredi 18 Mai à 08:21

    J'aime beaucoup ton texte 

    voilà

    4
    Vendredi 18 Mai à 10:20

    tant mieux s'il ne t'a pas emportée ...comme ça on peux lire tes souvenirs et tu racontes si bien .

    5
    Vendredi 18 Mai à 13:59

    Un très joli texte .... je m'envole avec tes mots !

    6
    cathoune
    Dimanche 20 Mai à 18:09

    C'est vrai, je me souviens qu'enfant tu faisais des cauchemars et... si cela se trouve j''avais moi aussi la porte de ma chambre entr'baillée pour entendre papa jouer du piano. mais moi, je n'avais pas peur. Sauf... quand j'entendais quelqu'un marcher dans la rue comme s'il avait une jambe de bois... et alors, je n'en menais pas large... c'était le personnage de Dickens ou zola ou... je ne m'en souviens plus. A chacune nos peurs, mais les miennes étaient moins terrifiantes.

    7
    Lundi 21 Mai à 17:16

    Bonsoir Martine

    Ce n'est certainement pas sans une petite émotion que vous évoquez cette image d'un passé lointain. Et puis vous m'avez donné envie d'écouter cette sonate N° 8 dite pathétique jouée par Daniel Barenboim, ce que je fais en écrivant ce commentaire. Merci pour ça...

    Bises

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :