• Le 31 juillet 2018 : de Sahagun à El Burgo Ranero, 20 Km (à cause d’un petit détour)

    C'est une étape d'une monotonie absolue :

    une route peu passante (Dieu merci) hormis les vélos qui nous souhaite, à nous marcheurs, des "Buen Camino" à tout va.

    Tout le monde va à Compostelle, certains y arriveront plus vite que d'autres.

    Un chemin presque droit, le long de cette route et bordé d'arbres, souvent bien jeunes encore pour procurer l'ombre protectrice,

    surtout quand la matinée avance et que le soleil approche du zénith.

    Pour m'occuper l'esprit, je me suis amusée à imaginer le nombre d'arbres plantés entre Sahagun et Leon, fin des plantations.

    Je vous laisse donc faire le calcul : entre les deux villes, il y a environ 50 kilomètres.

    Sachant qu'entre deux arbres, il me faut faire 15 pas et que chacun de mes pas fait environ 60 centimètres,

    Combien d'arbres ont-ils été plantés ?... Résultat demain.

    Ces arbres, le plus souvent des platanes ont été mis pour procurer de l'ombre aux marcheurs.

    Mais des platanes sans eau ne donnaient que des arbres secs et morts.

    Il a donc fallu, pour pérenniser l'affaire mettre en place un système d'irrigation (source guide Lepère).

    Je referai le chemin dans 50 ans, que ce sera agréable, alors !

     

    Peu après mon départ de Sahagun, je me suis aperçue que j'avais oublié mes bouteilles d'eau dans ma chambre.

    J'ai donc été obligée de faire un détour par le village de Calzada del Coto,

    où j'ai pris un café pour remonter mon moral un peu en berne.

    De ce village partait une variante, qui m'avait été conseillée par un internaute. J'avais déjà retenu un gîte sur le chemin officiel.

    Variante moins fréquentée mais tout aussi monotone et sans arbres, paraît-il.

     

    Au village d'arrivée où diverses flèches jaunes indiquaient des pistes toutes aussi fantasques,

    le but étant d'attirer les randonneurs vers les gîtes,  j'ai trouvé le mien.

    En l'occurrence un gîte peu amène avec une seule clef pour tout le monde : il fallait donc coordonner nos sorties

    pour ne pas rester coincé à l'extérieur.

    Nous étions quatre, un couple d'allemands peu sympathiques, un espagnol et moi-même.

    L'après-midi fut longue dans le petit jardinet :

    les allemands ont passé leur temps à grignoter, boire quelques bières et discuter,

    l'espagnol manipulait nerveusement son téléphone tout en chassant aussi nerveusement les mouches

    qui invariablement avaient choisi ses jambes pour se reposer

    et moi à bouquiner en essayant d'apaiser les impatiences de mes guiboles.

    Il faisait très chaud !

     

    Voilà ce que disait Domenico Laffi, pèlerin du 17 ème siècle en parlant d'El Burgo :

    "Nous trouvâmes une auberge, mais elle était si modeste que nous dûmes dormir à même le sol,

    car tous sont des bergers de brebis, qui vivent dans cette ville, faite de cabanes couvertes de paille"

    Source : guide Lepère 

    Laffi relate aussi qu'il a vu aussi de ses yeux un loup attaquer un pèlerin

    Source : Guide Rother

    Quelle sécurité maintenant !

     

     

    Ermita de Perales à Berciano del Real Camino

    En faisant le tour de cette bâtisse, j'ai trouvé, dans un petit recoin, entre deux petits bouquets de fleurs fanées, cette vierge en plâtre probablement.

    C'était loin d'être un chef d'oeuvre mais elle m'a émue.

    Qui l'avait mise là, quel était son secret ?

    J'ai eu une terrible envie de l'emporter. Pourquoi ne l'ai-je pas fait ? Elle était si légère, elle n'aurait pas pesé bien lourd au fond de mon sac.

     

    Quelques champs de tournesols pour rompre la monotonie

    Entrée à Burgo Ranero.

    Dans le gîte, trois lits en bois  dans ma chambre .

    Je n'aime pas le bois, cause éventuelle de propagation de punaises de lit (chinches en espagnol).

    Maintenant, la plupart des gîtes ont des lits en métal !

    Ce gîte était sale, la salle de douche douteuse. C'est assez rare en Espagne qui est en général extrêmement propre.

    Sac à viande en soie, 3 grammes.

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  • Commentaires

    1
    cathoune
    Mercredi 12 Septembre à 22:38

    Pas terrible cette journée... même pas une jolie église à visiter. je comprend que ton moral pouvait être en berne !

    2
    Mercredi 12 Septembre à 22:52

    je te suis toujours et je comprends pourquoi cette meseta est tellement redoutée, ce n'est  vraiment pas folichon

      • Jeudi 13 Septembre à 07:55

        Je ne suis pas d'accord, la meseta a diverses couleurs. Il est vrai qu'à cet endroit, c'était un peu pénible. Je ne regretterai jamais de l'avoir faite à pieds.

    3
    Jeudi 13 Septembre à 06:02

    bonjour Martine

    tu referas le chemin dans 50 ans et là , je t'accompagnerai ( de là haut et on aura des ailes !) .

    pas de chance pour ta soirée avec cette compagnie et ce petit dortoir , mais la fatigue et la chaleur t'ont obligée à te reposer .

      • Jeudi 13 Septembre à 07:53

        Heureusement j'étais seule dans ma chambre !!!

    4
    Jeudi 13 Septembre à 08:13

    Bonjour Martine

    Ah ! Ces arbres qui font de l'ombre sur le Camino (enfin, quand il y en a et qu'ils sont grands !). La Meseta, c'est plutôt la monotonie du cheminement qui la rend pénible, surtout lorsqu'on longe pendant des heures une carretera ! Sinon, c'est presque constamment plat et donc ne nécessite pas trop d'efforts. J'imagine que tu reparleras de cette monotonie pour la (ou les) étape(s)p qui suivent León ?

    Bises

    5
    Jeudi 13 Septembre à 12:02

    Comment ça pas folichon!

    Tu as bien su trouver de quoi remplir ton APN!

    Bonne journée à tous.

    6
    Vendredi 14 Septembre à 16:27

    C'est vrai que les arbres sont bien petits et font de l'ombre dans les champs et non sur la route à ton passage.
    Je ne connaissais pas "le sac à viande".... J'en apprends des choses !

    7
    Felix
    Vendredi 14 Septembre à 18:14
    Alala Mamé encore avec cette histoire des harbres tout les 15 mètres...
    8
    Vendredi 14 Septembre à 22:50
    Pastellle

    Une bien belle invention que ce "sac à viande", qui mériterait une appellation plus jolie tellement c'est pratique ! 

    Parfois je m'imagine sur ce chemin, et je me dis que ce qui doit être le pire c'est justement ce que tu soulignes, la monotonie. Mais ça fait partie du jeu bien sûr, du temps pour réfléchir... 

      • Samedi 15 Septembre à 08:32

        Oui, mais il y a une certaine beauté dans la monotonie.

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