• Le 3 août 2018 : De Leon à Villar de Mazarife, 21,5 Km

    Départ à 6 h 40, il fait à peine jour.

    Le petit déjeuner n'étant servi qu'à partir de 7 h 30, c'est encore ma version perso par défaut, un peu écœurant le gâteau!!!

    Je m'arme de courage, il en faut toujours pour se dérouiller le matin mais dès qu'on est parti, les pas s'enchaînent et on se sent bien.

     

    Eglise Saint Marc à Leon

    Encore un pèlerin endormi devant une belle croix.

     

    La sortie de la ville est longue et pénible.

    Immeubles sans intérêt, banlieue bruyante, entrepôts, stations services, pollution et surtout un bruit assourdissant.

    On n'a qu'une seule hâte : s'éloigner.

    Mais encore une fois, je n'ai pas voulu le faire en bus. Non seulement parce que ce n'est quand même pas mortel

    mais en plus ça m'aurait demandé de l'énergie pour trouver le bus qui monte à Virgen de Camino,

    où là, une surprise attend le randonneur : une curiosité plus que beauté mais qui mérite un arrêt de 10 mn et un jus d'orange pressé.

    Sanctuaire marial (date des années 60) et qui marque la fin de la ville de Leon.

    La vierge du chemin est la Sainte patronne de la région de Leon, vénérée depuis qu'elle est apparue à un berger en 1505.

    En 1522, un miracle se serait produit :

    L'espagnol Alonso de Ribera était prisonnier des maures à Alger.

    Son gardien l'enfermait toutes les nuits dans un coffre en bois fermé par une chaîne et dormait lui-même dessus.

    Une nuit, Ribera a demandé à la vierge de l'aider, ce qu'elle fit en transportant les deux hommes, coffre compris, dans le sanctuaire.

    Les deux hommes décidèrent alors de consacrer leur vie à la vierge.

    (source guide Rother)

     

    Apôtres et vierge Marie sur la façade.

    A l'intérieur, sculpture en bois de la vierge du 16ème siècle.

    Deux itinéraires possibles : le long de la nationale et l'autre, plus bucolique mais plus longue de 4 km.

    C'est celle que je choisi, marre de la nationale 120 !

    Je fais la connaissance au bar d'Yves et de son fils, québécois. Yves en est à son 8 ème voyage vers Santiago.

    Il a fait tous les itinéraires possibles. Il connaît 90 pays et dit ironiquement :

    "Une année, je n'ai fait qu'un seul voyage, mais il a duré 12 mois".

    Je les retrouverai tous les deux plus un autre français au gîte du soir, où nous passerons une bonne soirée à nous raconter les uns les autres.

     

    Le chemin est ce jour-là très éprouvant. Il fait dans les 35 degrés à l'ombre (et il n'y a quasi pas d'ombre)

    et une dizaine de kilomètres plus loin, je me sens vraiment mal.

    Heureusement dans le village de Chozas de Abajo, un bar m'accueille.

    Ce qui est curieux c'est que je ne vois aucun pèlerin aux alentours, ce qui me fait me demander si je ne me suis pas trompée de chemin.

    Ouf ! les flèches jaunes… Comme quoi on peut être des milliers à marcher et ne voir personne, hormis son ombre.

    Mon gîte donne sur la place de Villar et ce soir-là c'est fête.

    Les jeunes ont organisé un bal à la salle des fêtes à la sortie du village.

    Mais la musique est si forte qu'elle résonne toute la nuit et les basses berceront mon insomnie.

    Sur la place des familles avec enfants qui jouent et crient jusqu'à 3 heures du matin.

    Bref un tout petit sommeil. Je risque d'être fraîche le lendemain, d'autant que la nuit précédente avait été à peine meilleure,

    à cause d'un groupe de jeunes handicapés qui avaient fait la java dans la chambre d'à côté jusqu'à une heure du matin,

    heure à laquelle j'avait lancé un "chuuuuuuuut" retentissant qui les avait d'un coup fait taire.

     

    La manie de mettre une voiture devant une église est internationale.

    Eglise de Villar.

    En soirée, me promenant dans le village, j'avise un petit attroupement très affairé :

    une colonie d'abeilles s'est envolée et a atterri par terre devant une supérette qui, du coup ne peut ouvrir ses portes à la clientèle.

    Quelques minutes avant j'avais marché sur les abeilles sans faire exprès sans qu'elles me piquent.

    En pleine migration elles ne sont absolument pas agressives.

    Un apiculteur arrive donc pour récupérer l'essaim. mais l'absence de reine le fera renoncer. Elles partiront toutes seules.

    Encore un pèlerin fatigué… Je note qu'il a presque les mêmes sandales que moi.

    Bien entendu, toujours des cigognes en haut du clocher qui passent la nuit dans leurs nids.

    Elles partent le matin, on les voit voler à plusieurs et reviennent le soir.

    Certaines ne migrent pas car malheureusement, quelques décharges à ciel ouvert leur procurent nourriture

    et la nécessité de la migration n'est plus nécessaire, la cigogne résiste bien au froid.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 17 Septembre à 13:54

    Martine, je suis en admiration devant ton courage et aussi ta santé.

    Tu as une résistance incroyable  !

    C'est ce chemin avec la terre ocre qui est mon coup de coeur.

    Bon début de semaine

    2
    Lundi 17 Septembre à 15:03

    Bonjour Martine

    Bon, ne pas prendre le bus pour quitter León, c'était ton choix mais tu avoues que le parcours jusqu'à La Virgen del Camino, c'était pas la joie !

    Bises

    3
    Lundi 17 Septembre à 16:43

    L'église St Marc parait gigantesque et est très belle d'aspect mais j'ai un coup de coeur pour le style de celle de Villar. C'est vrai que les cigognes ne migrent pas toutes, certaines restent en Alsace où il fait beaucoup plus froid . 

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